On vous a dit de vérifier d'abord si un réseau de chaleur dessert votre adresse. C'est un bon conseil, et dans la campagne genevoise la réponse est connue d'avance : sur les 62 communes, villages et hameaux couverts par ce site, 56 sont hors de toute zone d'influence d'un réseau thermique structurant. Cela ne veut pas dire qu'aucun chauffage à distance n'existe chez vous. Cela veut dire que la question du raccordement ne commande pas votre projet, et que le vrai sujet, ici, c'est la machine.
Ce que « zone d'influence » veut dire en droit
Le canton de Genève a une particularité que ses voisins romands n'ont pas : il peut imposer le raccordement à un réseau thermique structurant. La loi cantonale sur l'énergie prévoit que le raccordement peut être imposé, notamment lors d'une demande d'autorisation de construire ou d'un simple changement d'installation de production de chaleur, à deux conditions réunies ensemble : que le raccordement permette une utilisation plus rationnelle de l'énergie que les autres sources envisageables, et qu'il reste proportionné pour l'usager (art. 22 al. 6 de la loi sur l'énergie).
Retenez le déclencheur, parce qu'il surprend : ce n'est pas seulement la construction neuve. Changer votre installation de chauffage suffit à ouvrir la question. Le régime est récent, l'article d'application est entré en vigueur le 1er janvier 2025.
Une « zone d'influence » est simplement le périmètre cartographié où cette question se pose. En dehors, elle ne se pose pas.
La soupape qui met presque toutes les maisons d'ici hors du champ
Même à l'intérieur d'un périmètre, l'obligation n'est pas automatique. Le règlement cantonal prévoit qu'elle ne s'applique pas aux bâtiments dont la sous-station présente une puissance thermique nominale inférieure à 50 kW (art. 13P al. 2 du règlement d'application, en vigueur depuis le 9 juillet 2025). Une villa, une ferme transformée en logements, un petit immeuble de village passent tous largement en dessous de ce seuil.
Attention à ne pas transformer cette dispense en promesse : elle dit que le raccordement n'est pas imposé, pas qu'il serait impossible ou déconseillé. Et elle ne vous dispense pas de poser la question si un réseau passe devant chez vous : se brancher peut rester la meilleure solution, simplement ce sera votre décision.
D'où vient le chiffre de 56 sur 62, et à quelle date
Cette donnée n'est pas une impression. Elle est relevée sur le système cantonal d'information du territoire (SITG), sur la couche des zones d'influence du plan directeur des énergies de réseau, dont la donnée bâtiment a été mise à jour le 29 juin 2026. Le SITG qualifie lui-même cette couche d'intention de planification, susceptible d'être modifiée, et l'actualise environ deux fois par an — la prochaine mise à jour est attendue vers décembre 2026.
Dans le périmètre de ce site, une seule commune est massivement concernée : Aire-la-Ville. Quatre autres le sont partiellement — Bernex, Confignon, Satigny et Bellevue — ainsi qu'une partie du hameau de Montfleury, tourné vers la zone industrielle. Tout le reste est hors zone.
« Hors zone » ne veut pas dire « aucun chauffage à distance »
C'est la confusion la plus fréquente, et elle est grave dans les deux sens. Être hors zone d'influence veut dire une chose précise : votre bâtiment n'est pas dans le périmètre d'un réseau structurant, celui qui peut déclencher une obligation. D'autres réseaux existent, avec un statut juridique différent, et ils chauffent de vraies maisons.
- Perly-Certoux est desservie par un réseau de chaleur alimenté par la valorisation des déchets, tout en étant hors zone d'influence.
- Cartigny dispose d'un réseau de village qui couvre une bonne partie des maisons, et ressort pourtant hors zone.
Si un réseau passe dans votre rue, la question de vous y brancher se pose évidemment — simplement, elle ne vous est pas imposée par le canton, et vous restez libre de choisir votre machine.
Neuf hameaux dont la commune est concernée, mais pas eux
Trois communes du périmètre ont des zones d'influence quelque part sur leur territoire, sans qu'aucune adresse de leurs hameaux n'y figure. C'est le cas de Lully, Sézenove, Loëx et Châtillon côté Bernex ; de Peissy, Choully et Bourdigny côté Satigny ; de Colovrex et Valavran côté Bellevue.
Le dire est un service rendu. Laisser croire qu'une commune est uniformément concernée fait sauter la vérification à ceux qui le sont vraiment, et impose une démarche inutile à ceux qui ne le sont pas. Le raisonnement inverse vaut aussi : votre hameau peut être tranquille alors que le chef-lieu de votre commune ne l'est pas. C'est votre adresse qui compte, pas le nom de votre commune, et encore moins votre numéro postal — dans ce périmètre, cinq communes n'ont même pas de localité postale à leur nom.
Alors la vraie question devient : quelle machine
Quand le raccordement ne commande rien, l'ordre des questions change. Vous partez de votre bâtiment : sa taille, son époque, ses radiateurs, son terrain. Dans la campagne genevoise, la place existe presque partout, et c'est ce qui rend les choses plus simples qu'en ville.
- Une pompe à chaleur air-eau couvre la grande majorité des maisons du périmètre, avec un bloc dehors ou dedans.
- Une sonde géothermique supprime toute unité extérieure, mais suppose un forage admis sur votre parcelle.
- Si vous partez d'une chaudière, la marche à suivre est détaillée dans notre guide sur le remplacement d'une chaudière à mazout, et sur notre page remplacement d'une chaudière à gaz.
Comment vérifier pour votre adresse, sans vous tromper
Deux outils, dans cet ordre. La carte cantonale du SITG vous indique si votre bâtiment est dans une zone d'influence et, le cas échéant, à partir de quelle année un raccordement serait envisageable. Ensuite, les Services industriels mettent à disposition une demande d'information thermique pour savoir si votre bâtiment est concerné ; le canton annonce une réponse dans un délai de 30 jours au maximum.
Deux précisions honnêtes. Cette demande d'information n'est pas obligatoire : ce qui engage, c'est la requête écrite de raccordement, à laquelle les Services industriels répondent par une offre. Et une année affichée sur la carte n'est pas un engagement de raccordement — le règlement de l'exploitant prévoit expressément qu'une demande peut être refusée, ou acceptée moyennant une participation aux frais d'extension du réseau. C'est précisément pour cela que la question se pose avant d'arrêter le choix de la machine, et pas après. Notre page chauffagiste explique la suite.